Inclusion financière: Tout sur la situation de la microfinance dans l’Uemoa au 30 septembre 2019

Dans sa publication périodique du 17 janvier 2020, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), a fait l’état de la situation de la microfinance dans l’espace Uemoa. De cette publication, il ressort que des efforts importants ont été faits. Ci-dessous, l’intégralité de la publication.

Le nombre des Systèmes financiers décentralisés (SFD) dans l’UMOA est de 511 unités à fin septembre 2019. En outre, 15.205.091 de personnes ont bénéficié des services financiers fournis par les institutions de microfinance sur la période sous revue, à travers 4.869 points de service répartis dans les États membres de l’Union.

L’examen des indicateurs d’intermédiation des SFD de l’Union fait ressortir une évolution relativement favorable à l’inclusion financière, avec un taux brut de dégradation du portefeuille qui s’est légèrement inscrit en baisse, ressortant à 7,6% contre 8,9% à fin septembre 2018, pour une norme généralement admise de 3% dans le secteur.

Sur la période sous revue, le montant des dépôts collectés s’est établi à 1.454,1 milliards de FCFA contre 1.335,5 milliards de FCFA une année plus tôt, soit une augmentation de 8,9%. Cette progression est enregistrée au Mali (+17,9%), au Togo (+11,4%), au Bénin (+9,8%), en Côte d’Ivoire (+8,8%), au Sénégal (+7,5%) et au Burkina (+6,1%).

Toutefois, une baisse a été observée en Guinée-Bissau (-23,1%) et au Niger (-0,9%). Les dépôts à vue demeurent prépondérants avec une part de 59,2%. Les dépôts à terme et les autres dépôts constituent chacun 20,4%. En outre, l’épargne auprès des SFD a été constituée à hauteur de 50,2% par les hommes, 29,9% par les femmes et 19,9% par les groupements.

Le montant moyen de l’épargne par client s’est fixé à 95.193 FCFA à fin septembre 2019 contre 87.118 FCFA au titre du troisième trimestre de l’année 2018.

Pour l’ensemble des SFD de l’UMOA, l’épargne recueillie représente 5,7% de la totalité des dépôts détenus par les établissements de crédit de l’Union.

S’agissant de l’encours des crédits des SFD de l’Union, il s’est accru de 12,1% par rapport à son niveau à fin septembre 2018, pour ressortir à 1.498,9 milliards de FCFA. Cette hausse a été notée au Mali (+17,1%), au Burkina (+13,5%), au Sénégal (+13,3%), en Côte d’Ivoire (+12,9%), au Bénin (+8,2%), au Togo (+8,0%) et au Niger (+3,1%).

En revanche, l’encours des financements a diminué de 36,7% en Guinée-Bissau. Une part de 50,5% de l’encours des crédits des institutions de microfinance est constituée de concours à court terme. Les prêts à moyen et long termes représentent respectivement 31,9% et 17,6% sur la période sous revue. La clientèle masculine des SFD a bénéficié de 54,1% des crédits. La clientèle féminine et les groupements bénéficient respectivement de 28,1% et 17,8% des financements. L’encours moyen des prêts par bénéficiaire a augmenté de 12,1%, pour s’établir à 97.774 FCFA à fin septembre 2019 contre 87.236 FCFA une année auparavant.

Pour l’ensemble du secteur, l’encours des crédits représente 6,9% des créances consenties par les établissements de crédit de l’Union.

Quant aux SFD en difficulté, quinze institutions de microfinance étaient sous administration provisoire à fin septembre 2019, à savoir six au Bénin, deux au Burkina, deux au Niger, deux au Togo, une en Côte d’Ivoire, une au Mali et une au Sénégal.

Source: BCEAO