Conjoncture économique : Perspectives encourageantes pour les pays de l’espace UEMOA

Dans sa dernière note sur la conjoncture économique rendue publique en ce mois d’octobre 2020, la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest) annonce des perspectives encourageantes pour les économies de l’espace UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine), malgré le covid-19. Lesquelles perspectives varient d’un État à une autre. Ci-dessus les chiffres qui annoncent une reprise progressive de l’activité économique.
Production de biens et services

Les indicateurs récents de la conjoncture font ressortir un regain de dynamisme de l’activité économique au titre du mois de juillet 2020, du fait de la conjoncture favorable au niveau des secteurs de la production industrielle (+5,1% contre +2,4% en juin), des activités commerciales (+6,8% contre +11,5%) et des services marchands non financiers (+3,9% tout comme en juin). Cette situation s’explique par l’assouplissement des mesures de restrictions prises par les États pour contenir la propagation de Covid-19, ainsi que des retombées des efforts de soutien des États et de la BCEAO. En effet, le taux de croissance des activités hors secteurs primaire et administrations s’établirait à +1,8% après une réalisation de +4,1% en juin 2020. La hausse de l’activité dans les secteurs susvisés a été atténuée par la poursuite du repli au niveau des bâtiments et travaux publics (-3,5% contre -3,6%) et la baisse intervenue au niveau de l’intermédiaire financière (-4,2% contre +2,7%). Les performances, d’un mois à l’autre, sont localisées au Bénin (+9,6% contre +2,0%), au Togo (+4,7% contre +5,5%), au Burkina (+3,1% contre +5,4%) et en Guinée-Bissau (+0,1% contre -3,0%). Les baisses notées au Mali (-6,8% contre +9,4%), au Sénégal (-5,3% contre +4,8%), au Niger (-0,7% contre +3,3%) et en Côte d’Ivoire (-0,5% contre +14,0%) ont exercé un effet modérateur. Par rapport à la même période de l’année passée, les activités hors secteurs primaire et administrations baissent de 1,1% en juillet, après une réalisation de -1,7% en juin. Sur les sept premiers mois de l’année, l’activité économique hors secteur primaire et administrations recule de 0,4% par rapport à la même période de l’année passée. La hausse de 4,0% du premier trimestre n’a pas suffi pour compenser les baisses intervenues depuis l’apparition de la pandémie.

Production industrielle

L’indice de la production industrielle, corrigé des variations saisonnières (CVS), a poursuivi la tendance haussière, entamée en mai dernier, avec un accroissement de 5,1% en juillet, après celui de 2,4% en juin 2020. L’orientation de l’activité industrielle est le reflet de la hausse notée au niveau de la production manufacturière, atténuée par le repli des activités extractives et de production d’énergie. L’orientation favorable des activités manufacturières est attribuable essentiellement à la hausse des produits chimiques (Côte d’Ivoire, Burkina et Bénin), de caoutchouc et matières plastiques (Côte d’Ivoire et Bénin), des produits alimentaires (Togo, Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire et Burkina) et de textiles (Côte d’Ivoire et Bénin). Cette tendance a été amoindrie par le repli des produits pétroliers raffinés (Sénégal, Niger et Côte d’Ivoire). En revanche, les activités extractives ont diminué, en lien avec la mauvaise orientation de l’extraction d’uranium au Niger, des autres minerais (Côte d’Ivoire, Sénégal et Togo) et d’or (Burkina, Côte d’Ivoire et Sénégal). La hausse de la production de pétrole brut et de gaz naturel en Côte d’Ivoire a modéré la tendance. La baisse de la production d’énergie est enregistrée dans cinq pays de l’Union (Sénégal, Togo, Guinée-Bissau, Burkina et Bénin)…

Bâtiments et travaux publics

Au cours du mois de juillet 2020, l’enquête auprès des chefs d’entreprise fait état de la poursuite de la baisse de l’activité dans le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP). L’indice synthétique de conjoncture, qui résume le sentiment des acteurs des BTP, s’est replié pour s’enfoncer en territoire négatif, passant de -10,4 en juin 2020 à -11,5 en juillet 2020. Le repli de l’activité dans les BTP serait lié à la diminution de la demande de travaux (baisse de signatures de nouveaux contrats ayant conduit au recul de nouveaux travaux), à la détérioration des conditions d’approvisionnement (hausse des coûts d’exploitation et rareté de la main d’œuvre) et à la baisse des crédits pour motif d’investissement. Par rapport à la même période de l’année précédente, une baisse du volume de l’activité a été observée dans l’ensemble des compartiments des bâtiments et travaux publics. Tous les États membres de l’UEMOA sont concernés par ce repli, à l’exception du Sénégal, du Mali et du Niger où les chefs d’entreprise ont indiqué une nette amélioration de l’activité.

Activité commerciale

L’indice du chiffre d’affaires (ICA) du commerce a poursuivi sa tendance haussière, en variation mensuelle, avec un accroissement de 6,8% en juillet 2020, après une réalisation de +11,5% en juin 2020. Le redressement de l’activité dans le commerce de détail est principalement lié à celui des ventes des produits alimentaires (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire et Togo), des équipements de logement (dans tous les pays de l’Union, sauf le Niger et le Sénégal), de véhicules automobiles neufs (Bénin, Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal et Togo) et de parfumerie et produits de beauté (Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau et Sénégal). Cette évolution a été atténuée par la baisse des achats des produits pétroliers (Bénin, Burkina, Guinée-Bissau, Sénégal et Togo) et pharmaceutiques (tous les pays de l’Union, à l’exception du Niger et de la Guinée-Bissau). L’accroissement des activités du commerce de détail, observé d’un mois à l’autre à l’échelle de l’Union, est localisé en Côte d’Ivoire (+9,5% contre +5,4%), au Burkina (+6,4% contre -3,6%) et au Togo (+5,2% contre +11,9%). Les baisses notées au Bénin (-16,4%), au Niger (-9,1%), en Guinée-Bissau (-1,6%), au Sénégal (-1,0%) et au Mali (-0,3%) ont exercé un effet modérateur. En glissement annuel, le taux d’évolution de l’indice du chiffre d’affaires (ICA) du commerce a poursuivi sa tendance baissière, passant de -6,9% en juin 2020 à -7,1% en juillet 2020. La baisse de l’activité dans le commerce de détail est principalement liée à celle des ventes des produits pétroliers des produits alimentaires et des produits pharmaceutiques. De façon générale, le repli des activités du commerce de détail est localisé au Mali (-16,5%), au Sénégal (-14,9%), au Togo (-6,0%) et en Côte d’Ivoire (-5,7%), atténué par des hausses enregistrées dans les autres pays de l’Union.
Services marchands

Selon les opinions des chefs d’entreprise, la conjoncture économique en juillet 2020 a renoué avec la tendance baissière, malgré la poursuite du redressement des services non financiers. Cette contre-performance est imputable à la baisse du volume global des ventes, notamment sur le compartiment extérieur du marché. Le chiffre d’affaires des entre prises du secteur s’est replié de 2,0% en juillet 2020, après une réalisation de +3,0% en juin 2020. Les baisses concernent le Mali (-11,8%), le Sénégal (-5,9%), le Niger (-3,0%), le Burkina (-0,8%) et le Bénin (-0,4%). Les hausses observées au Togo (+8,8%), en Côte d’Ivoire (+2,9%) et en Guinée-Bissau (+0,5%) ont exercé un effet modérateur.

La mauvaise orientation de la conjoncture concerne les services financiers (-4,2% contre +2,7%), ceux non financiers ayant poursuivi sur leur trend haussier (+3,9% tout comme en juin). Le repli du chiffre d’affaires relatif à l’intermédiation financière est en ligne avec la baisse des mises en place de crédits (-10,0%), dans un contexte où les banques ont augmenté leurs achats de titres publics (+34,3%) et le niveau de soumissions aux guichets de la Banque Centrale restant élevé (+0,9%, à 5.175,5 milliards en juillet 2020). En glissement annuel, l’activité des services marchands a maintenu une tendance haussière (+3,8% contre +4,1%), la baisse des services non financiers (-4,1% contre -4,9%), de moindre ampleur, a été plus que compensée par la hausse des services financiers (+9,1% contre +9,0%). L’accroissement du chiffre d’affaires des services est observé dans tous les pays de l’UEMOA, à l’exception du Mali (-9,7%%), où la crise sociopolitique a négativement impacté l’activité des banques. Les hausses les plus importantes ont concerné le Bénin (+9,0%), la Côte d’Ivoire (+7,5%), le Burkina (+4,9%), la Guinée-Bissau (+3,8%) et le Togo (+3,6%).

Inflation

L’inflation a poursuivi sa tendance haussière dans les pays de l’Union, en liaison notamment avec la hausse des prix des produits alimentaires. Sur la base des données officielles des États, le taux d’inflation est ressorti, en glissement annuel, à 2,5% à fin juillet 2020, après une réalisation de +1,8% le mois précédent. La fermeté des prix à la consommation est notamment imputable à la composante « alimentaires », dont la contribution à l’inflation totale est passée de 1,4 point de pourcentage à fin juin 2020 à 1,9 point de pourcentage à fin juillet 2020. La progression des prix des produits alimentaires, observée dans l’ensemble des pays de l’Union, est en rapport avec un renchérissement des légumes frais, ainsi que des tubercules et plantains, induit par la perturbation des circuits de distribution engendrée par la pandémie de la Covid-19. En particulier, une augmentation des prix des céréales a été enregistrée dans les pays sahéliens, au Niger (+32,0%), au Burkina (+26,0%) et au Mali (+10,0%), en rapport notamment avec la baisse de la production agricole. Le rythme de progression du niveau général des prix est imputable également à la composante « Restaurants et Hôtels », où la contribution à l’inflation totale est passée de 0,0 point de pourcentage en juin 2020 à 0,2 point de pourcentage en juillet 2020, en lien avec la hausse des prix de prestations de services dans certains pays de l’UEMOA (Bénin, Niger et Togo).
Source : Bceao