FINANCEMENT DES RISQUES DE CATASTROPHE EN AFRIQUE: ASSAHORÉ évoque le cas ivoirien à Washington

En Marge des Assemblées Annuelles Banque mondiale- FMI qui se tiennent à Washington, le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique, ASSAHORÉ Konan Jacques a participé à un panel sur le financement des risques de catastrophe en Afrique le jeudi 17 octobre 2019 dans la salle J-B1 075, Immeuble J de la Banque mondiale.

Comment renforcer la résilience financière en Afrique ? Quel est le rôle de la Banque mondiale (BM), de la Société d’assurance de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, ou African Risk Capacity (ARC), de la Banque africaine de développement (BAD) et les pays ? Comment la Banque mondiale, l’ARC et la BAD peuvent-elles travailler ensemble pour développer cette vision ? Comment élaborer des cadres efficaces pour la gestion des risques climatiques et de catastrophe et assurer la qualité ? Ce sont autant de problématiques qui ont été débattues au cours des échanges.
Pour sa part, le Directeur Général du Trésor ivoirien a d’abord présenté les enjeux des catastrophes naturelles pour l’économie ivoirienne, notamment le secteur agricole, socle de l’économie nationale depuis les indépendances.
Il a indiqué que ce secteur représente environ 22 % du PIB de la Côte d’Ivoire et 47% des exportations globales du pays (voire 62% hors Pétrole). Il occupe 46% de la population active du pays et est une source de revenus pour les deux tiers d’une population à 50,3% rurale, selon le dernier recensement général de 2014.
Prenant le seul exemple du cacao pour lequel le pays est le premier producteur mondial avec environ 40% de part de marché, cette culture occupe environ 800 000 planteurs, fait vivre 6 millions de personnes (soit le quart de la population) et génère 10% des recettes fiscales de l’État.
Une menace de ce secteur par les catastrophes naturelles pourrait donc avoir des conséquences à la fois au niveau budgétaire, de l’emploi que du social. C’est pourquoi, relève ASSAHORÉ, les initiatives de l’ARC et de la BAD pour la gestion de ces risques sont à saluer, d’autant plus qu’elles permettront d’éviter de détourner l’espace budgétaire des États de son objectif premier à savoir le financement des investissements structurants, nécessaires à la soutenabilité d’une croissance forte et inclusive.
Le Directeur Général a évoqué deux attentes fortes de la Côte d’Ivoire en ce qui concerne la coopération avec l’ARC pour une gestion efficace des risques de catastrophes en Afrique. La première concerne l’élargissement de la police d’assurance de l’ARC au-delà du seul risque sécheresse, proposé actuellement depuis 2015. « Il faudra arriver à la couverture de tous risques menaçant l’agriculture dont l’inondation et les maladies de vergers », soutient ASSAHORÉ.
Pour la deuxième attente, à savoir que la couverture de risques de catastrophes étant un concept nouveau en Afrique, le Directeur Général a demandé que les partenaires techniques continuent de s’engager fermement dans le renforcement les capacités des experts nationaux qui travaillent sur la question afin que les produits proposés soient adaptés aux réalités des États.
Pour rappel, l’ARC a récemment annoncé le versement de 738 835 USD, soit plus 370 millions de FCFA en indemnités au gouvernement de la République de Côte d’Ivoire à la suite des graves déficits pluviométriques enregistrés dans la région centrale du pays pour la saison agricole 2019.