27ème Congrès de l’UPU: Le plaidoyer de Patrick Achi pour une industrie postale

Après la séance d’ouverture officielle des assises du 27ème Congrès postal universel, le lundi 9 août 2021 par le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, les travaux se sont poursuivis, ce mardi 10 août 2021 à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan avec la 3ème Conférence des ministres des pays membres de l’Union postale universelle.

Avec comme thème ‘‘Covid-19 et secteur postal- ce qui a changé- ce qui n’a pas changé et ce qui doit changer’’, la conférence ministérielle d’hier, mardi 10 août 2021, a été une occasion pour le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi et Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre de la Transition du Mali, ainsi que le président sortant du bureau international de l’UPU, le diplomate Kenyan Bishar Abdirahman Hussen, de faire un état des lieux de la situation des postes depuis la survenue de cette pandémie, notamment ses conséquences sur les économies des opérateurs du secteur postal et la menace des nouveaux concurrents dans le secteur postal.

À écouter le Premier ministre Patrick Achi qui s’adressait aux membres de l’Union, la situation du secteur postal devient de plus en plus dramatique, eu égard aux données qu’il a présentées.
Selon lui, la part de la poste aux lettres dans les revenus totaux des opérateurs postaux est en baisse constante sous l’impact de la digitalisation des économies et des échanges, passant de 45% en 2008 à 39% en 2018, au profit des colis et de la logistique, qui ont progressé de 16% à plus de 27% sur la même période. Un contexte dû à plusieurs facteurs dont la covid-19.
«La pandémie de Covid-19 a ainsi exacerbé une situation déjà sous contraintes. L’impact le plus frappant de la crise a été les perturbations des chaînes logistiques entrainant des répercussions sur les échanges internationaux qui ont diminué de 21% au cours des cinq premiers mois de l’année 2020 par rapport à la même période en 2019. Ces perturbations ont touché également les flux nationaux et les services financiers, c’est-à-dire les services postaux de paiement et d’envois de fonds qui représentent en moyenne 16% des revenus des opérateurs postaux. Dans le même temps, la pandémie a consolidé le rôle du commerce électronique», a justifié le chef du gouvernement, citant en exemple, le géant Amazon dont le chiffre d’affaires a bondi d’environ 40% en 2020. L’autre concurrent du commerce en ligne qui se frotte les mains cité en exemple par le Premier ministre est le géant du commerce en ligne, le chinois Alibaba. Celui-ci a enregistré un bénéfice en hausse de + 52% en un an. Des percées au détriment de la poste qui, pour le chef du gouvernement ivoirien, doit interpeller.

La seule alternative pour rendre les services postaux plus attractifs, compétitifs, pour Patrick Achi, c’est de se mettre au diapason de la technologie en digitalisant les services postaux. Cela demande, évidemment une implication des décideurs politiques, chercheurs, opérateurs privés et citoyens.

Le Premier ministre est donc d’avis avec ceux qui pensent que l’évolution rapide des technologies numériques et du commerce électroniques constituent une opportunité et une exigence pour le monde postal pour accélérer les profondes transformations enclenchées, pour faire évolution les business modernes, innover et créer de la valeur ajoutée de la richesse et des emplois.
Pour le chef du gouvernement, tout doit changer. Mieux, il faut aller au-delà de la covid-19, et faire face donc à la concurrence et surtout réponde aux nouvelles donnes de l’environnement des affaires. Il estime que le secteur postal doit adapter ses modèles économiques et ses offres de services, en mettant davantage l’accent sur les colis, les services, la logistique et financiers. A l’écouter dans sa plaidoirie, tout est encore possible. Il fonde sa conviction sur la force première du secteur postal que sont ses cinq millions de ressources humaines sur qui l’UPU doit s’appuyer pour libérer tout le potentiel du secteur postal, en tant que moteur de facilitation du commerce, et du développement socioéconomique, grâce à des prestations de service de qualité, toujours proactifs et grâce à la digitalisation.

Pour sa part, le Premier ministre malien de la transition, Choguel Kokalla Maïga, a salué le caractère historique du choix de la Côte d’Ivoire, terre africaine, pour réfléchir sur la stratégie de la poste pour la période 2021-2025. Il a en profité pour plaider en faveur de la candidature de son pays au sein des instances de l’Upu. Avant les deux chefs du gouvernement de Côte d’Ivoire et du Mali, le président sortant du bureau international de l’UPU, le diplomate Kenyan Bishar Abdirahman Hussen, a invité les congressistes à faire des propositions devant permettre de relever les nouveaux défis de la poste.

Rappelons que les réflexions sur la « Stratégie Postale d’Abidjan », vise à créer les conditions pour de meilleures performances pour les postes d’Afrique et du monde entier, et de réduire la fracture postale entre les pays industrialisés et les pays en développement, entre le Nord et le Sud.